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  • Folschweiller Sally

Le cas du déni de grossesse...



Il s’agit d’un concept qui reste mystérieux pour la plupart des professionnels de santé. La première littérature à avoir mis en avant ce concept date des années 70. Le déni de grossesse semble toutefois un concept qui existe depuis tout temps mais qui reste aujourd’hui difficilement compréhensible et qui amène de nombreuses interrogations.


Qu’est-ce que le déni de grossesse ? Nous pourrions le définir comme la « non reconnaissance » de son état de grossesse. Il existe deux formes de déni :


- Le déni partiel de grossesse : dans ce cas, la future maman apprend sa grossesse avant son accouchement

- Le déni total de grossesse : la future maman apprend sa grossesse au moment de l’accouchement

Il faut savoir qu’un déni de grossesse peut toucher n’importe quelle femme, de n’importe quel âge, peu importe sa classe sociale, son âge ou sa morphologie.


Ces femmes font face à ce que l’on pourrait nommer « un gel des affects », c’est-à-dire qu’elles ne ressentent ni ne présentent aucuns symptômes d’une éventuelle grossesse.

Mais alors comment cela est-il possible ? Grâce à un mécanisme de défense très fort qui est le déni.


Il s’agit en réalité d’un phénomène psycho-corporel à travers lequel le corps et l’esprit vont s’allier afin que la grossesse se déroule sans aucuns symptômes (ni physiques ni psychiques). Ainsi, la grossesse n’arrivant pas à la conscience, le ventre ne gonfle pas, les seins ne poussent pas, les nausées sont inexistantes, etc…


Le bébé plutôt que d’opter pour une position fœtale (qui lors d’une grossesse classique ferait gonfler le ventre de la maman), va se loger à la verticale (le ventre alors ne sera pas poussé vers l’avant).


C’est seulement au moment de la levée du déni (au moment de l’annonce de la grossesse) que le ventre va se mettre à pousser.


Cela nous semble invraisemblable et l’on se questionne sur cette « non reconnaissance » de la grossesse de la part de l’entourage. En effet, ni le mari, ni les amis, ni les collègues ne se sont aperçus de quoi que ce soit, on appelle cela la « contamination du déni ». C’est-à-dire que cet enfant qui n’existe pas ni dans la tête ni dans le corps de cette future maman ne peut exister dans l’esprit de son entourage.


Il me semble primordiale que les professionnels de santé puissent être sensibilisé à ce phénomène qui touche tout de même près de 3 naissances/1000 par an en France. Même si la plupart de ces dénis se « finissent bien », il me semble essentiel de ne pas le banaliser pour autant.


En effet, pouvoir proposer un accompagnement à ces femmes mais aussi à ces futurs pères me semble tout à fait bénéfique et justifiable. Accompagner la future maman à prendre conscience de son état, à accueillir ses émotions, travailler sur son sentiment de culpabilité, la soutenir dans la construction des liens avec son enfant.


Lui apporter un soutien sans jugement, dans la compassion et dans la tendresse ne pourra que l’aider à « accepter » d’avoir pu vivre ce déni et l’aider dans ces premiers temps de rencontre avec son enfant.


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